5 trucs pour... quitter sa job sans plan A, B ou C

 
  J'ai juste besoin d'une pause, de tout, pendant un petit bout

J'ai juste besoin d'une pause, de tout, pendant un petit bout

C’est donc officiel. À partir de demain, je serai officiellement sans emploi à temps plein, car cela marquera la fin de mon congé sabbatique. Puisque je n’ai aucun plan d’y retourner, automatiquement, je dois démissionner. Je vous en reparlerai dans quelques jours. J’ai toutefois cru bon créer une liste de 5 trucs pour quitter sa job sans plan de sauvegarde — bref, prendre une pause — ce qui est exactement ma situation en ce moment, au cas où vous vous sentiriez inspiré. 

1. Faire la liste de vos besoins essentiels

Il serait un peu risqué de quitter votre emploi sans épargne en banque et sans réel plan pour la suite. Lorsque vous pensez faire le grand saut, c’est le moment parfait pour faire votre bilan psychologique et financier. Au point de vue psychologique, dresser une liste des raisons qui vous font quitter votre emploi (cette liste pourra être utile quelques mois après votre départ, lorsque vous aurez des doutes sur les motifs de votre décision). Vous devriez également établir la liste des éléments sur lesquels vous aimeriez travailler durant votre arrêt. Par exemple, vous voulez avoir une meilleure humeur, pleurer moins, avoir plus d’énergie, être plus gentil (ça, c’était ma liste!). Pensez babysteps, vous aurez peu d’énergie, ce n’est donc pas le temps d’entreprendre tout de suite de grands remaniements de vie. Il se pourrait que cela vous prenne quelques semaines avant même d’être en mesure de penser commencer le processus de guérison psychologique.

Au point de vue financier, évaluez l’état de vos épargnes. Combien d’argent disposez-vous ? Combien pouvez-vous générer en vendant des trucs inutiles que vous n’utilisez plus (allo vieux iPhone qui traîne dans les tiroirs) ? Combien dépensez-vous chaque mois pour les dépenses essentielles, telles que la nourriture, les activités, la pharmacie, le cellulaire, internet. Etc. Personnellement, j’utilise le site web Mint qui me permet de déterminer mes tendances de dépenses en considérant tous mes achats mensuels à travers mes multiples cartes de crédit et comptes de banque. C’est rapide et efficace. Par exemple, j’ai pu conclure que la nourriture (épicerie et restaurant combiné) me coûte environ 1 000 $ par mois pour deux personnes. Ces informations seront utiles pour vous aider à établir un budget et déterminer la durée de votre pause. Bien sûr, si vous pensez avoir un petit travail sur le side (voir point #4), cela vous permettra de rallonger votre pause. Le point #2 vous permettra aussi certaines économies à votre budget qui aussi, vous donneront une plus grande liberté et prolongeront vos « simili-vacances ».

Je vous conseille de prendre en note vos épargnes au début de votre pause et de réviser chaque mois, pour vous assurer que tout est sous contrôle. Personnellement, j’ai un peu fait le saut après un mois. Je suis donc plus consciente du besoin de diminuer mon train de vie, maintenant que le salaire n’est plus le même.

2. Briser vos liens financiers

Puisque vous serez quelques jours-mois-semaines sans emploi et sans revenu, il est primordial de vous libérer le plus possible de vos paiements fixes, au risque de devoir diminuer votre niveau de confort. Hey, on ne prend pas une pause pour vivre en prince et princesse sur le dos de nos économies après tout! L’idée est donc de se créer un rythme de vie qui vous permettra de ne pas succomber à la première offre d’emploi qui s’offre à nous, juste parce qu’on est pris à la gorge avec nos paiements mensuels. 

Voici quelques idées: 

  • Si vous avez des paiements à faire sur une auto, est-ce possible de vous en débarrasser, et utilisez le transport en commun pendant quelque temps ? 
  • Est-il possible de négocier un meilleur forfait cellulaire ou internet ? Avez-vous consulté votre utilisation réelle récemment ? 
  • Si ce n’est pas déjà fait, coupez le câble. La télé sera une distraction durant votre « pause » de toute façon. Vous pouvez toujours supplier un ami de vous donner accès à son Netflix. 
  • Le loyer est assurément une des plus grosses dépenses mensuelles. Si vous louez, est-ce possible de considérer un appartement plus petit ? Pouvez-vous louer votre chambre d’ami à un colocataire temporaire ? Pouvez-vous déménager dans le sous-sol de vos parents pour quelque temps ?

Chaque sou compte donc ne négligez pas cette étape de purification des dépenses.

Personnellement, avec un loyer de 3 000 $ US par mois à New York, il m'était juste impossible de prendre une pause et de rester à la maison. Nous avions déjà coupé le câble et on s’était débarrassé de notre auto. Vraiment, la seule dépense qui me donnait mal à la tête, c’était le loyer. Nous avons donc décidé de déménager dans mon patelin, à Drummondville, et de louer un appartement à 500 $ par mois. Est-ce que Montréal aurait été plus excitant ? Surement. Mais en restant dans une petite ville, mon coût de vie est réduit, ce qui diminue énormément le stress et me permet de prendre une très longue pause.

3. Établir une version officielle, votre pitch d’ascenseur

Vous ne pouvez pas vous imaginer combien de fois j’ai eues à expliquer ma « situation » depuis le début de ma pause. À chaque fois, les gens me demandent, intrigués, « Alors c’est quoi ton plan ? Tu fais quoi ? Pourquoi ? » Afin de ne pas douter de soi-même chaque fois qu’on se fait poser la question, il vaut mieux se préparer un petit speech qui explique notre projet, nos objectifs, etc. De cette façon, on rassure parents et amis en projetant une version de nous qui semble convaincue et convaincante (même si en réalité, on doute beaucoup et on se questionne tout le temps). Il n’est pas nécessaire de se perdre dans les détails. Les gens qui nous entourent ont habituellement besoin de se rassurer de notre situation financière et psychologique. Il suffit donc de couvrir ses bases. Encore mieux, si on établit un plan précis sous forme de statement, on pourra même se le répéter à soi-même lorsque les temps sont plus durs. Par exemple : « Je prends une pause de carrière pendant quelques mois pour réévaluer mes champs d’intérêts et mes passions. Pour le moment, je vis au jour le jour, et je réapprends à être heureuse ». C’est ma phrase! 

4. Entourez-vous d’un fan-club

Comme on disait au point 3, les gens qui vous entourent auront tous un point de vue sur votre situation. Certaines fois, ça vous aidera à vous poser les vraies questions, et ainsi faire avancer votre réflexion. D’autres fois, ça vous stressera, et ça nuira à votre processus de remise en question. Il est donc important de se coller à quelques personnes qui deviendront votre cheering committee. Mon amie Fey est l’une de ces personnes pour moi. À chaque fois que j’ai une petite réussite, elle a le tour de me faire sentir comme une super star! Et ça me fait du bien!

Aussi, une pause est un moment parfait pour renouer avec des amis qui se sont éloignés dans les dernières années. Personnellement, je trouve cela tellement plus rafraîchissant d’entendre parler de l’histoire des autres plutôt que de parler de ma propre situation.

Finalement, c’est aussi un moment parfait pour rencontrer des gens qui nous inspirent. Qu’ils soient connus ou non, il est rare que les gens refusent de parler de leur projet. Il ne faut donc pas se gêner pour envoyer un courriel à un blogueur qu’on aime, un entrepreneur qui nous inspire, etc. 

5. Trouvez-vous des à-cotés

Il est certain que si vous quittez votre emploi pour rester à la maison à temps plein, vous risquez de virer un peu fou, surtout si vous êtes habitués à de longues heures de travail. Il est donc essentiel de se trouver un side gig. Que ce soit payant ou non, vous aurez besoin de voir des gens, de vous sentir utile. Vous pourriez travailler à temps partiel dans un petit café que vous aimez bien, une librairie, ou votre magasin préféré. 

Pour ma part, je m'impliqué dans des activités de coaching pour les futurs comptables. Cela me demande environ 16 heures par semaines. J’ai aussi trouvé un petit contrat en service-conseil à Montréal, ce qui me fait voir la « grande » ville une fois de temps en temps et rencontrer du monde. Ça me permet de payer les comptes chaque mois, sans trop utiliser mes économies. Cela me permet aussi de « remplir » le trou dans mon CV, durant la pause, si besoin est.

On peut aussi s’impliquer bénévolement si l’argent n’est pas un problème, comme rendre visite à des personnes âgées, ou être volontaire au refuge animal de votre ville. Les options sont infinies.

Après presque deux mois de pause, je peux vous garantir que l’expérience en vaut la peine. C’est le plus beau cadeau qu’on peut se faire. Il n’y a rien de mal à prendre une petite pause pour mieux recommencer. Votre corps, votre tête et vos proches vous en remercieront à long terme. Si vous avez des questions sur le processus, ou vous cherchez une « cheerleader » pour vous encouragée à arrêter, écrivez-moi à sophielangis@gmail.com