Une histoire de math, de gratitude et de soupe

 

Aujourd’hui, c’est lundi. Probablement un des pire lundi de l’année, le lundi qui suit le temps des fêtes. Techniquement, pour moi aujourd’hui ça aurait été le retour aux États-Unis, après un temps des fêtes entourées de la famille et des amis au Québec. Très mélancolique, ce matin, j’aurais eu mal au coeur de retourner au travail. Je me serais demandé pourquoi il était impossible d’être plus proche des gens que j’aime, j’aurais déjà commencé à calculer les jours avant la fin de semaine, avant les prochains congés, avant les prochaines vacances… Pour me réconforter, j’aurais surement mangé un peu tout croche et j’aurais été magasiné pour du nouveau linge, pour me changer les idées et me sentir mieux.

Il n’y a donc pas eu aujourd’hui une crise du “lundi”. La journée m’a plutôt amené énormément de gratitude envers la vie, de m’avoir poussé à prendre ce break, de m’avoir convaincu de revenir dans mon patelin et de me permettre de passé du temps avec une des personnes les plus importantes au monde pour moi,

Aujourd’hui, j’ai passé la journée avec ma mère à faire de la soupe. Beaucoup de soupe! Ça peut sembler un peu banal mais quandles 4 derniers années et demie de sa vie ont été passées aux États-Unis, alors que ta famille vit au Québec, l’idée de pouvoir simplement passé une journée avec ta mère à cuisiner est presque un rêve, quelque chose qui n’arrivera surement plus. Le genre de chose que ma mère et moi on discutait au téléphone une fois de temps en temps en se disant : ça serait tellement cool si je pouvais juste conduire chez toi, pour qu’on déjeune, qu’on fasse à manger, ou qu’on prenne simplement un café.

 Justement, il y a quelques semaines, on m’a partagé un article fort intéressant, The Tail End (La toute fin) écrit par Tim Urban du blogue Wait But Why. À ce moment là, mon idée de prendre un “break” était déjà prise et la lecture de cet article a confirmé mon projet. Cet article illustre la vie de façon très simple et graphique. Par exemple, j’ai 30 ans, je lis un livre par mois, il me reste 60 ans à vivre, donc il me reste environ 720 livres à lire … Ok. Pas mal! L’analyse devient super intéressante lorsqu’on fait l’analyse en fonction de nos relations interpersonnelles avec nos êtres chers - tel que nos parents. Quand on est jeune, on voit nos parents à chaque jour. Lorsqu’on vieillit et qu’on habite loin, comme c’était mon cas jusqu’à tout récemment, on voit probablement nos parents un maximum de 10 jours par année (2-3 voyages). Si nos parents sont dans la soixantaine et qu’on estime et espère qu’ils vivront jusqu’à 90 ans disons, ça nous laisse donc (30 ans x 10 jours) 300 jours pour passer du temps avec eux. Ça peut vous sembler beaucoup, mais pour moi, ce n’est pas du tout assez! 

Alors, quand on cesse de voir la vie comme étant infinie et qu’on s’arrête un moment, on se rends compte à quel point il est primordial de vivre à fond chacun de ses moments passés avec ces personnes qui sont importantes pour nous.  C’est donc ce à quoi je pensais aujourd’hui chez ma mère, en faisant de la soupe. J’ai profité de chaque moment, en essayant d’être positive et de bonne humeur, de ne pas trop toucher à mon téléphone, de me consacrer entièrement à cette personne aussi importante pour moi, sachant que le temps est compté.  Et je me trouvais tellement chanceuse. Chanceuse que la vie et les événements m’est poussés à prendre une pause. Chanceuse d’avoir du temps pour déterminer la suite et comment, dans cette suite, je peux inclure les choses qui comptent le plus pour moi.

Allez lire l’article, je vous jure que ça fait l’effet d’une tonne de brique! Vous le trouverez en cliquant sur ce lien