La simplicité volontaire

 
 J'aime cette photo. On y voit les 3 dessins qu'une amie artiste nous a donnés lors de notre fabuleux voyage à Portland, une catalogne et un plateau argenté vintage trouvés à des prix ridicules , un pot en verre de lait antique et une petite buche utilisés à notre mariage, une repousse de plante donnée par ma mère, ma chandelle préférée Jo Malone et oui, mon ordi - un outil clé et essentiel dans ma vie.

J'aime cette photo. On y voit les 3 dessins qu'une amie artiste nous a donnés lors de notre fabuleux voyage à Portland, une catalogne et un plateau argenté vintage trouvés à des prix ridicules , un pot en verre de lait antique et une petite buche utilisés à notre mariage, une repousse de plante donnée par ma mère, ma chandelle préférée Jo Malone et oui, mon ordi - un outil clé et essentiel dans ma vie.

J’ai pris cette photo il y a quelques jours, alors que mon mari et moi nous nous installions pour une soirée souper devant la télé / marathon de la saison 5 de Game of Thrones. Pendant quelques minutes, je me suis arrêtée pour regarder mon salon en me disant qu’il était super douillet, tout à fait à mon goût, très simple et qu’il ne m’a quasiment rien coûté. Ses pensées m’ont remplie de bonheur.

Voyez-vous, le 23 décembre dernier, les déménageurs se sont garés devant notre appartement de Long Island City à New York, pour amener avec eux la majorité de nos biens, en entreposage, jusqu’à ce qu’on soit plus fixé sur nos projets futurs. Nous avons donc dû trier tous nos avoirs et sélectionner ceux les plus pratiques et ceux les plus précieux qui feraient le voyage avec nous au Québec, à bord de notre minivan Ford Transit Connection en location, en cette veille de Noël.

Cela nous a demandé un grand effort pour déterminer ce qui est vraiment important pour survivre. Pendant cet exercice, je me rappelais avoir lu un article sur le blogue The Minimalists, où un des initiateurs du blogue a débuté la pratique du minimalisme en emballant tous ses avoirs dans des boites, comme s’il déménageait. Ensuite, pendant les 21 jours qui ont suivi, il a seulement déballé les items dont il avait besoin. (brosse à dents, draps de lit, vêtements pour le travail, outils pour la cuisine, etc.). Bref, les items qui amènent de la valeur ajoutée à sa vie. Après un moment, réalisant que 90 % des items restaient emballés dans les boites, il a tout vendu ou donné le contenu de ses boites. 

C’est donc de cette façon que je me sentais en faisant le tri de mes possessions. Il faut dire que savoir que les biens laissés de côtés n’étaient pas perdus à jamais me rassurait. C’est plus facile de laisser partir ses affaires quand on sait qu’ils seront toujours là quand on en aura besoin. Mais quand même, l’idée de ne pas y avoir accès quand je le voudrais pour les MOIS à venir était assez pour générer en moi un sentiment d’épurer ma vie, de vraiment faire l’expérience du minimalisme.

Finalement, nous avons déménagé les articles suivants: un matelas gonflable avec draps et couette, un rack à linge IKEA, les vêtements d’hiver casual (aucun vêtement chic, car ni un ni l’autre allait travailler), quelques livres pas encore lus, le matériel scolaire de mon mari, un kit de survie minimum pour la cuisine (4 assiettes, 4 bols, 4 verres, un chaudron, un ouvre-boite, etc.), notre Vitamix, une bonne partie des items qu’on retrouve dans une salle de bain, mon matériel artistique (peinture, pinceau, crayons, etc.), 2 ordinateurs, iPad, 2 iPhone, 1 PlayStation et notre téléviseur. Notre minivan avait beau être pleine, mais quand on y pense, ce n’était pas beaucoup pour une période de six mois. 

À notre arrivée, nous avons acheter que le minimum pour faire de l’appartement un milieu où il fait bon vivre et surtout, le rendre fonctionnel. Grâce à la précieuse aide de la famille, nous avons trouvé table, chaises, frigo, poële, table de chevet, divan, table de salon, meuble télé, bureau, chaise d’ordinateur - le tout, prêté ou donner. 0 $. J’ai fait un voyage au Ikéa pour des petits éléments de décoration pour rendre le tout intéressant, et surtout acheter un deuxième bureau — un des moins cher — puisque nous travaillons tous les deux généralement sur notre ordinateur et que psychologiquement, ça me prenait un bureau pour être disciplinée. Le tout nous a coûté environ 300 $.

Et that’s it. 

J’aimerais être capable de décrire le bien immense ressenti à vivre dans une maison où la plupart des éléments ont été recyclés. Où l’impact sur ma carte de crédit est minime. Où je n’ai pas l’impression de devoir faire toujours plus d’argent pour devoir supporter mon niveau de consommation. En fait, c'est un immense sentiment de liberté.

Et même maintenant, je réalise qu’une boite au complet déménagée en décembre n’a toujours pas été déballée. Également, certains vêtements n’ont pas été portés. Je vais donc continuer à épurer.  Personnellement, l’idée de voir un item intouché me rend folle. C’est pourquoi j’utilise maintenant beaucoup de précautions avant de payer pour quelque chose dont je n’ai pas vraiment besoin, comme le racontait récemment dans la Presse un ancien collègue, Pierre-Yves McSween. 

Je me fais donc un devoir de me rappeler le plus souvent possible que ce que j’ai en ce moment, c’est peu, c’est simple et c’est parfait. 

Et vous ? Si vous aviez à faire entrer tous vos avoirs dans un Ford Transit Connect, quels items choisiriez-vous ? Ou encore, si vous aviez à dresser une liste de 100 items essentiels à votre vie, quels seraient ces items ? Et je me demande, ressentez-vous, vous aussi, de la culpabilité ou un stress quelconques pour ces items à la maison que vous n’avez pas touchés depuis leur achat ? Que faites-vous pour dépenser plus intelligemment ? 

N’hésitez pas à partager avec moi par courriel (sophielangis@gmail.com). J’aime beaucoup vous lire !