L'art du Contentement

 
 Source: Pinterest

Source: Pinterest

Les livres d’épanouissement personnel, j’aime bien ça ! J’ai eu la grande chance de tomber par hasard il y a quelques semaines sur un petit livre gratuit qui a changé ma vie. Ça a l’air gros comme ça, mais ce livre a eu l’effet d’une bombe. Vous savez quand vous vivez votre vie d’une telle façon, pensant que vous êtes sur le bon chemin, et BAM ! Tout à coup, la vie vous remet à votre place. Bref, c’est vraiment l’effet que ce livre m’a fait — comme si dans ma recherche du bonheur, il me manquait un des coins du casse-tête — une partie essentielle pour accomplir le tout.

Et, comme c’est souvent le cas lorsque je lis un bon livre, je me sens comme si je faisais partie d’une société secrète ou seulement quelques privilégiés partagent un savoir exclusif. C’est dans ces moments-là que je dois partager avec le monde entier.

Le livre est gratuit, mais uniquement disponible en anglais. J’ai comme projet de le traduire, car je crois que tous les humains de la terre devraient le lire, mais si vous êtes à l’aise en anglais, je vous suggère fortement de le lire. 110 pages en format PDF, ça se lit en maximum deux heures. Ensuite, on le relit, relit, relit jusqu’à ce que ça entre !

Ce livre s’intitule “The little book of Contentment: A guide to becoming happy with life & who you are, while getting things done”, écrit par Léo Babauta, créateur du site web “Zen Habits”. Vous pouvez le trouver gratis en cliquant sur ce lien.

Puisque personne n’a le temps de lire tous les livres, je me dois de partager mes passages préférés, que j’ai traduits plus ou moins littéralement, en ajoutant mes commentaires personnels. Ceci ne remplace certainement pas la lecture du livre, mais pour les gens pressés, à la recherche d’un ou de plusieurs trucs pour pratiquer le contentement, ça sera un bon début ! Avant de commencer, comment définir le contentement ? Selon l’auteur, c’est d’être heureux avec qui on est. Alors, comment y parvenir ?

1. « Tous nos problèmes proviennent du mécontentement » 

Les sources reliées au mécontentement se résument en 4 éléments 1 : un idéal ou une fantaisie auquel on s’attache. 2 : l’insatisfaction avec qui nous sommes. 3 : Le manque de confiance en nous-mêmes 4 : la recherche du bonheur à travers des sources externes.

2. « Le premier problème c’est qu’on ne se fait pas confiance. Le deuxième problème c’est qu’on se juge sévèrement » 

Au même titre qu’on brise les liens avec des amis en qui on ne peut pas faire confiance, lorsqu’on cesse d'avoir confiance en soi, on devient notre pire ennemi. Il est donc primordial de se faire confiance. On doit fortement y travailler pour éventuellement devenir une meilleure personne. 

Pour ce qui est du jugement de soi-même : on se l’avoue, on veut tous avoir une belle apparence, atteindre ses objectifs personnels et professionnels, voyager à travers le monde, apprendre une nouvelle langue, être une mère parfaite ou un mari parfait. Lorsqu’on établit des idéals plus ou moins surmontables, on se compare toujours comme perdant vis-à-vis ces objectifs. Il faut donc arrêter de se comparer.

3. « Plusieurs personnes pensent que pratiquer le contentement, c'est de passer ses journées à ne rien faire »

Je suis probablement la première à avoir eu un petit sentiment de répugnance lorsqu’on me parlait de contentement. Pfff, moi je veux toujours être meilleure et travailler sur moi-même. C’est toutefois une conception erronée du mot contentement. Si on veut changer certains aspects de notre vie, et on part du principe qu’on n’est pas assez bon, ça sera difficile de s’améliorer. Le contentement est une bien meilleure place pour débuter lorsqu’on veut se développer personnellement. Par exemple, si on accepte notre corps et notre apparence, décider de s’entrainer pour devenir un peu plus musclé et plus en santé devient « la cerise sur le sundae ». Si on part avec l’idée qu’on est imparfait et qu’on doit absolument changer, à chaque petite rechute, on est dure avec soi, on se donne de la pression inutile, on lâche tout, en se proclamant pas assez discipliné pour apporter les changements. Laquelle des méthodes risque de donner plus de résultats ?

4. « Une des plus grandes sources de mécontentement est de se comparer aux autres, ou à comparer notre vie à ce que les autres font de la leur » 

L’auteur parle de fantaisies. Ce que nous pensons que les autres vivent et font n’est qu’une fantaisie. Ce que nous voyons de la vie des autres est souvent qu’une partie — seulement les beaux moments. Notre vie est une série de fantaisies et bien souvent, on ne se rend pas compte de nos celles-ci. Résultat : notre vie est belle, mais jamais autant que nos fantaisies. On est donc toujours mécontent. Nos frustrations, nos déceptions, nos irritations et notre rage envers les autres ou envers soi sont de très bons signes qu’une de nos fantaisies ne s’est pas réalisée.

5. « Le contentement c’est d’abandonner nos fantaisies et de réaliser que la vie est merveilleuse sans ses fantaisies. Les gens autour de nous sont merveilleux sans elles. Nous sommes merveilleux sans elles. » 

Je suis certaine que si vous y pensez quelques minutes, vous trouverez une panoplie de fantaisies qui font partie de votre quotidien. Le monde entier se fait un devoir de nous créer des fantaisies, à travers les médias sociaux, le marketing, la télévision, etc. — sans même s’en rendre compte. Dans mon cas, après avoir passé quelques heures sur Instagram et Pinterest, j’aimerais être plus mince, plus petite, plus musclée, avoir de beau vêtement, avoir une belle maison, etc. Ensuite, dans mes relations avec les autres, j’aimerais que mon mari soit capable de faire deux choses en même temps, que les gens conduisent leur auto en ligne droite sans accident, que les gens aux services à la clientèle rendent service à la clientèle plutôt que de nuire, que mes patrons comprennent mon point de vue à tout coup, etc. — La liste est longue. Juste le fait de comprendre et de reconnaître nos fantaisies est déjà un très bon pas vers une plus belle vie. J’ai moi-même eu des moments assez surprenants de zénitude et de patience exemplaire lorsque quelque chose ne va pas comme je le voudrais et que je me répète dans ma tête : c’est une fantaisie — il faut laisser-aller. On ne se le cachera pas, c’est un gros travail, mais le résultat en vaut tellement la peine.

6. « On essaie de trouver le bonheur à travers les gens et les choses autour de nous, plutôt qu’à l’intérieur de nous. » 

Puisqu’on devient dépendant de ces gens et de ces choses, notre bonheur est inconsistant et temporaire. Que ce soit notre chum, notre blonde, la nourriture, la drogue, le travail, l’alcool — toutes ses sources de bonheur sont externes. Il faut prendre conscience de ce qui nous rend heureux. L’auteur donne un très bon exemple du bonheur en utilisant un bon café. Lorsqu’on boit un bon café, et qu’on se concentre sur notre café, plutôt que de faire mille choses en même temps. Le bonheur est créé par la réalisation qu’on boit un bon café plutôt que le café lui-même. Si on boit ce bon café en même temps qu’on parle au téléphone avec notre patron tout en répondant à un courriel, le niveau de bonheur provenant de la situation sera très différent et, peu importe le goût du café, le bonheur ne sera pas au rendez-vous. Si on suit la logique, le bonheur c’est simple. Que ce soit de regarder les flocons de neige tomber par la fenêtre, de savourer quelques heures au soleil, de passer du temps en famille — l’action de réaliser qu’on passe du bon temps serait suffisante à nous procurer du bonheur. Au même titre, faire le constat de nos qualités, de ce qu’on est capable de faire, procure aussi du « vrai » bonheur. Apprécier qui ont est et être heureux d’exister sera toujours au rendez-vous, peu importe les facteurs externes. On devient donc très indépendant dans notre notion de bonheur, lorsqu’on n’a pas besoin des éléments externes pour nous procurer ce bonheur.

7. « On est tous en apprentissage. On peut se répéter cette phrase chaque fois que quelqu’un fait quelque chose qu’on n’aime pas » 

Une grande source de mécontentement provient souvent de la frustration qu’on ressent envers les autres. Nos réactions contribuent à détériorer nos relations avec les autres. Une bonne façon de se sortir de ces situations est de premièrement réaliser que la situation se produit. Ensuite, la phrase « Nous sommes tous en apprentissage » peut nous aider à nous apaiser et à nous calmer. Mon patron est stupide et ne me dit jamais que je fais une bonne job ? Je peux me dire : “Nous sommes tous en apprentissage. Mon patron n’a surement pas appris à donner des compliments. Peut-être n’a-t-il pas souvent reçu des compliments ? Je ne peux pas lui en vouloir, il ne sait juste pas comment. Moi, je suis chanceuse, je sais donner des compliments, j’ai déjà appris.” Ça peut sembler un peu banal comme solution, mais ça fonctionne assez pour se calmer et ne pas troubler notre humeur. Lorsqu’on maîtrise ce concept, on peut même ajouter : « l’autre personne n’est pas le problème ». Pas facile quand on a un sens de responsabilités externe comme le mien. Mais dans le fond, chacun fait ce qu’il pense être le mieux pour lui ou elle. Tout le monde essaie de se rendre travailler le matin. Tout le monde veut payer leur épicerie le plus rapidement possible. Où est-ce que c’est une illusion ? Ces gens n’ont pas une vengeance personnelle contre nous. Manifestement, si quelque chose ne fonctionne pas, c’est nous le problème — notre façon de réagir au problème. 

8. « Les actions des autres ont très peu à voir avec nous» 

Si notre chum nous laisse, on le prends personnel et on se dit que c’est nous le problème. Un ami agit différemment avec nousi et semble préoccupé, on penses que c’est notre faute ; notre patron est un peu bête avec nous alors on dois nécessairement avoir fait quelque chose de mal. Il y a un million de raisons possibles pour expliquer pourquoi quelqu’un fait quelque chose et il est faux de penser qu’on en est la cause. Il y a beaucoup plus de chances que ce soit complètement relié à l’autre personne. Il n’y a donc aucune raison de se sentir mal et d’en faire une affaire personnelle. 

C’est important d’être humble. Toutes les petites choses qui se passent ne se passent pas à cause de toi. On est une personne parmi des milliards sur la terre. C’est important d’en prendre conscience. 

9. « Quand on est un être entier, on n’a pas besoin de la validation de quelqu’un d’autre pour être heureux — parce qu’on s’accepte. On n’a donc pas besoin de quelqu’un d’autre pour se sentir aimé — parce qu’on s’aime. » 

On pense souvent qu’on a besoin des autres pour se sentir aimé. Dans une relation amoureuse, on peut devenir anxieux, jaloux et avoir le besoin de toujours confirmer les intentions de l’autre et ses sentiments. On a tous besoin d’amour et besoin des autres, mais en étant un être entier, on contribue beaucoup plus à la relation, on n’a pas besoin de l’autre pour se valider. Comment y arrive-t-on ? En s’aimant et en s’acceptant, et surtout, en étant content de ce que nous avons. Quand deux personnes entières se rencontrent, ces personnes peuvent être séparées et assez en sécurité pour ne pas se soucier de l’autre personne et apprécier le temps passées seules. 

Bref, en s’acceptant comme on est, on arrête de se juger durement. On devient un être entier qui a confiance en ses moyens et que les gens veulent côtoyer. Les situations frustrantes créées par les sources externes ne nous affectent plus autant. Pour nous aider, on doit diminuer l’effet des pressions externes sur nous, identifier ses fantaisies et s’en détacher en plus de s’en remettre à des facteurs internes plutôt qu’externes pour créer notre bonheur.  

Mon défi avec ce livre est de balancer le contentement avec les besoins de réalisation de soi. Les deux semblent être en conflit. Même si je comprends que le contentement est un bon départ pour la réalisation de soi, je me dis si on est content, pourquoi voudrait-on t’améliorer ? Cependant, le changement et les améliorations ne doivent pas nécessairement provenir de situations malheureuses. Au contraire, grandir et s’améliorer sera plus efficace lorsque ça provient d’une situation de contentement. 

Par exemple, Personne A se regarde dans le miroir et pense qu’elle est grosse et qu’elle devrait perdre du poids. Personne A vient tout juste de regarder le défilé de Victoria Secret. Personne A va donc au gym, de mauvaise humeur tout le long du trajet, étant frustrée de sa situation. Elle achète un abonnement annuel. Quelques jours plus tard, ne voyant aucun résultat concret, Personne A se déclare comme un échec et abandonne. 

Personne B se regarde dans le miroir, contente de ce qu’elle voit. Même si son corps n’est pas parfait, elle a quelques atouts qu’elle aime bien. Personne B vient aussi de regarder le défilé de Victoria Secret. Personne B réalise que ceci n’est un spectacle organisé par une machine bien huilée qui a pour but de vendre du rêve et surtout augmenter les ventes de ses magasins. Personne B décide aussi d’aller s’inscrire au gym, mais elle le fait en partant d’une situation de contentement. Personne B ne va pas abandonner facilement, ne va pas détester y aller chaque jour et elle comprend que le changement prendra du temps et des efforts et n’arrivera pas miraculeusement en quelques jours. Personne B va peut-être sauter quelques jours, mais ne va pas se juger défavorablement pour autant. 

Ce qui est important ici c’est que Personne A et B ont tous les deux observé la même source externe. Pourtant, leurs réponses sont très différentes, puisqu’une provient d’un état de mécontentement et l’autre d’un état de contentement.

Plus tard, je vous présenterai certains des exercices concrets pour pratiquer le contentement. À suivre !