L'échec

 
 Une photo de palmiers pour parler de l'échec... et bien c'était justement l'ironie de cette journée!

Une photo de palmiers pour parler de l'échec... et bien c'était justement l'ironie de cette journée!

Ironiquement, alors qu’hier se déroulait la journée Cause pour la cause de Bell Canada, pour surmonter les préjugés envers les maladies mentales, de mon côté, je passais justement une très mauvaise journée mentalement parlant! Une de ces journées où tout est négatif, où la motivation est loin d’être présente et où la critique semble être ma meilleure amie.

Des journées comme celles-là, elles reviennent de temps en temps, plus souvent ces temps-ci qu’avant. Le genre de journée où j’aimerais pour voir dormir et me réveiller que le lendemain, ou la semaine suivante tant qu’à y être, espérant ainsi que le nuage gris soit passé. 

Le genre de journée où la vie de tout le monde est plus belle que la mienne, où je me sens moche, laide, grosse, trop grande… Le genre de journée où à la moindre remarque innocente de mon chum me fait éclater, où j’ai l’impression que ma vie est un échec et que l’avenir ne laisse voir rien de bon. Une journée où les larmes me viennent beaucoup plus rapidement.

Pourtant, hier, j’étais en Californie. Je n’avais pas à mettre de bottes et de manteau d’hiver pour sortir dehors. Je n’avais pas à travailler. Je n’avais pas à faire des tableaux Excel non intéressants et sans valeur ajoutée. Hier, j’étais en pleine santé. Hier, je passais la journée avec l’homme de ma vie, celui qui a décidé de me marier, malgré mes petits moments de folie parfois. Hier, j’étais tout compte fait bien chanceuse.

Alors pourquoi mes idées étaient-elles aussi noires. Hier, j’ai bien essayé de me sortir de cet état d’esprit négatif. J’ai essayé de comprendre ce qui se passait et pourquoi je n’arrivais pas à être maître de mes pensées. Pourquoi hier était une mauvaise journée et aujourd’hui, s’en est une meilleure ? Je ne peux pas l’expliquer. 

Ce que je comprends par contre, c’est que j’ai une vie remplie de fantaisies (se référer à mon article L'art du Contentement pour bien comprendre le concept). Comme quoi écrire sur le sujet ne fait pas de moi une personne pleine de contentement. Au contraire, mes objectifs de vie, personnels et professionnels, sont plus énormes que jamais. Je fixe la barre très haute. Résultat : j’échoue souvent.

Maintenant que janvier tire à sa fin, le mois où, vous vous rappelez, j’étais censé travailler sur ma santé, je fais le bilan sur les dernières semaines et je conclus que j’ai échoué. Oui, j’ai coupé le sucre le plus souvent possible, oui j’ai fait un peu d’exercice ici et là, mais je suis énormément loin de cette image mentale que j’avais au début du mois. Cette image était une fille de plus en plus en forme, qui s’alimentait bien, buvait de l’eau et du thé, qui faisait attention à elle, à coup de petit pot de crèmes pour les rides et de bonnes soupes aux légumes et de salades santé. Une fille qui « commençait » à se développer des abdos, qui « commençait » également à perdre un peu sa culotte de cheval. Je dis « commençait, car j’ai beau avoir des fantaisies, je suis quand même assez réaliste que tout ça ne s’accomplit pas en un mois. J’avais aussi comme idée que ma tête irait mieux. Que je serais plus patiente avec les gens que j’aime, et aussi avec ceux que j’aime moins. Que je serais une meilleure personne en général.

Bref, je crois qu’hier, j’ai eu un petit moment de découragement. J’ai commencé à formuler des excuses pour justifier l’échec. Dans ma tête, ça ressemblait un peu à ça : 

"Je manque de temps. Même si je ne travaille pas et je n’ai pas d’enfants, je cours après le temps. Commission ici et là, bloguer ici et là, faire des bijoux ici et là, il ne me reste plus de temps pour faire de l’exercice. En plus, je suis à l’extérieur pour trois semaines, impossible d’avoir une routine. J’ai été aussi un peu sévère à vouloir couper le sucre complètement. Tout le monde a besoin d’un peu de “carbs” pour survivre. Je devrais trouver une autre façon pour perdre les livres en trop. Mais je suis aussi tellement fatiguée, je n’ai aucune énergie pour même y penser. Bof, je devrais peut-être être moins exigeante avec moi-même. Après tout, je devrais m’aimer tel que je suis, manger ce que je veux, quand je le veux, et au diable les apparences. Ah non. C’est ce que j’ai fait ces 6 derniers mois et le résultat a été un peu catastrophique. Je m’ennuie de la vingtaine, ou je n’avais pas à me préoccuper de tout ça. Ah j’ai mal à la tête, je vais arrêter de penser et aller niaiser sur mon téléphone à la place, ça devrait me calmer !"

Je vous épargne le reste. J’ai une espèce de bipolarité mentale - ce que j’appelle ma façon de décrire comment en 2 secondes et quelques pensées, je peux passer d’un extrême à l’autre. C’est extrêmement fatigant de me suivre moi-même, je n’ose pas imaginer les gens qui me côtoient.

Alors bref, c’était ma journée d’hier. Aujourd’hui, je suis dans ce petit café où je savoure mon latté en écrivant ce billet et déjà, ça va un peu mieux. Je prends de grandes respirations et je me parle beaucoup.