Le changement (partie 1)

 
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« Si la vie vous envoie des citrons, faites-en de la limonade », dit l’expression célèbre qui nous rappelle que parfois, la vie nous met dans des situations qui perturbent l’ordre des choses. Ce genre d’événements peut soit être heureux (ex. : gagner à la loterie, une nouvelle offre d’emploi, la naissance d’un enfant) ou malheureux (ex. : la mort d’un proche, la maladie, etc.). Peu importe l’événement, le cours de notre vie en sera modifié et nous en serons transformés à jamais.

Je vous parlais récemment du Moi Essentiel et du Moi Social, concepts tirés du livre « Finding your North Star, Claiming the life you were meant to be » de Martha Beck. La deuxième partie de se livre se concentre sur le cycle du changement, souvent initié lorsqu’on connecte avec notre Moi Essentiel, que ce soit de façon volontaire ou non.

Personnellement, lorsque j’ai lu ces passages du livre, cela eut l’effet d’une bouffée d’air frais. J’avais enfin l’impression d’être capable de respirer, de me sentir normale et presque en contrôle de la situation. J’ai eu envie de le crier haut et fort sur les toits, faire lire les passages à mon mari, ma famille, tous ceux qui me connaissent, de leur dire : «Vous voyez, je ne suis pas si fucké que ça - je suis normale!» Mais bon. Humblement, j’ai décidé de me concentrer de partager la bonne nouvelle sur ce blog.

Alors pour amorcer le cercle du changement, il faut d’abord un cataclysme pour nous sortir du statu quo : un événement perturbateur qui peut être un choc, une opportunité, ou une transition. Voici quelques exemples :

  • Un choc : gagner à la loterie, un héritage d’argent, un accident, la maladie, la mort, la naissance — on n’a pas le choix, ça arrive et c’est tout.
  • Une opportunité : une offre d’emploi, une promotion, bref, quelque chose qui demandent d’être saisi. Une situation qu’il est possible d’accepter ou de refuser.
  • Une transition : ceci est plus difficile à définir en quelques mots. Une transition est un changement d’état qui se développe à l’intérieur d’une personne. C’est une transformation interne plutôt qu’externe. C’est de voir la vie autrement. C’est souvent de cette façon que le Moi Essentiel se manifeste et sournoisement, affecte notre moi social jusqu’à un point où le besoin de changer est devenu primordial. Ce qui complique les choses c’est que de l’extérieur, pour la famille et les amis, comprendre ce genre de situation est difficile. En apparence, rien n’a changé. « Ben voyons, tu fais une bonne job payante, pourquoi voudrais-tu tout lâcher ? »  

L’auteur a vécu cette situation lorsqu’elle a quitté sa religion. Évidemment, personne ne pouvait prévoir, il n’y a pas eu de signes avant-coureurs, c’est un processus qui s’est fait mentalement et non physiquement. Mon cas personnel est aussi un très bon exemple d’une transition. Avoir une très belle vie aux yeux de la plupart des gens, mais à l’intérieur, avoir un grand besoin de changement.

Bref, tous ces cataclysmes nous plongent dans un cycle de changement qui est constitué de 4 phases distinctes. Il faut bien comprendre que le cercle ne cesse jamais de tourner. Il se peut qu’on reste plus longtemps, voire même des années, dans une des phases. Mais lorsqu’un événement marquant se produit, il nous replonge automatiquement dans le cycle, qu’on s’en rende compte ou non. Pouvez-vous penser à un de ces événements qui a eu un impact significatif dans votre vie ?  

Je vous parle des deux premières phases. Ces deux phases ont en commun qu’elles sont toutes les deux entre les deux oreilles. La magie s’opère à l’interne plutôt qu’à l’externe.

La phase 1 — Mort et Renaissance  — est le moment où on laisse partir notre ancienne vie, où on doit comprendre que notre ancien « moi » est perdu ou du moins, qu’il sera grandement changé. C’est une période de deuil. C’est une période d’intense questionnement de soi. Chaque question, accusation, critique aura l’effet d’une bombe, qui nous donnera l’impression de revenir à la case zéro. Pour certaines personnes, cette période peut durer une journée, d’autres auront l’impression que cela ne finira jamais. Le mantra à adopter durant cette période est définitivement : « Je n’ai aucune idée de ce qui se passe, mais c’est ok ». Puisqu’on se cherche beaucoup, il vaut mieux ne pas prendre de grandes décisions de vie. Graduellement, à partir de petits gestes simples, en restant présent, en vivant un jour à la fois, on arrive vers la fin de cette phase, la renaissance. C’est un peu comme le sentiment de se sortir la tête de l’eau, de voir la lumière au bout du tunnel. Ce qui nous amène à la phase 2.

La phase 2 —  Rêve et complot— est aussi, comme la phase 1, un processus très interne. C’est le moment où les nouvelles idées commencent à faire leur chemin. Rien de concret, tout est encore que dans notre tête. Idéalement, en étant en connexion avec notre Moi Essentiel, ces idées nous amèneront à voir ce que notre vie idéale et optimale pourrait être. Au début, ces idées peuvent être impraticables, mais peu à peu, elles se définiront en actions concrètes et précises et ces rêves deviendront graduellement encore plus solides. Il ne faut pas s’étonner si du jour au lendemain, on passe à « J’aimerais devenir une fleuriste » à « J’aimerais devenir ingénieur », ou vice-versa. La phase 2 est similaire à la construction d’une nouvelle maison. À partir de rien, on doit décider quel genre de personne on veut être, quel genre de personnes on veut côtoyer, quel genre d’entreprise on veut établir, etc. Pour ce faire, il est essentiel d’essayer plusieurs choses et voir comment notre Moi Essentiel se sent. Il n’y a aucune limite à notre imagination. Après tout, le mantra de la phase 2 est : « Il n’y a pas de règles, et c’est ok ». Ce n’est que vers la fin de cette phrase que l’on aura établi notre « liste de souhaits » pour notre vie, pour la prochaine phase. Soudainement, les signes commenceront à apparaître. Comme le dit Paolo Coelho dans le livre L’Alchémiste : «Quand on veut quelque chose,  l’Univers entier conspire pour nous permettre d’y arriver» (Traduction très littérale). On reviendra là-dessus dans la phase 3.

Personnellement, ces dernières semaines, je fais des aller-retour entre la phase 1 et 2. Une journée, tout est lourd et pénible, j’ai des petites rechutes et je dois me concentrer sur le moment présent. Le lendemain, je me sens prête à évoluer vers les autres phases et j’ai tout plein d’idées qui me viennent en tête. Un jour c’est faire du fromage, l’autre jour c’est écrire un livre. Je m’intéresse à des choses que jamais je n’aurais cru m’intéresser.

 Ce « in-between » entre les deux phases me va très bien. Ça serait difficile de toujours être en remise en question. La phase 2, elle fait du bien une fois de temps en temps. Je comprends toutefois qu’il est primordial de bien vivre toutes les étapes avant de passer aux suivantes. Par contre, en savoir plus sur ce qui s’en vient me rend définitivement optimiste pour le futur et juste ça, ça aide beaucoup.