Le mois de mai

 

Ces derniers mois ont été très tranquilles. Patiemment, j’ai appris à vivre au jour le jour, ne sachant pas trop ce qui se passerait la semaine/le mois suivant. Malgré tout, j’attendais ardemment une nouvelle, quelque chose qui me donnerait une indication de ce que serait ma vie pour la prochaine année. Mais cette nouvelle se faisait attendre.

Ne pas savoir ce qui nous arriverait avait son charme à certains moments. Une connivence s’est développée entre Adam (mon mari) et moi. Autant qu’au début cette incertitude créait des conflits, à cause du stress, autant qu’avec le temps, en apprenant à lâcher prise, notre équipe se solidifiait. Bref, on se plaisait de plus en plus dans cette situation, on en riait même en disant que ça n’avait pas d’allure, mais que c’était super de vivre comme cela.

Soudainement, tout a déboulé très vite. La semaine dernière, Adam a reçu une offre d’emploi à Los Angeles qui débutera le 1er juin. En 24 heures, notre vie est passé de vivre au jour le jour à avoir une vie déterminée pour les 12 prochains mois, voir même plus. En une journée, l’appartement était trouvé, le bail de 12 mois presque signés, l’auto presque achetée. Il faut ce qu’il faut, mais en dedans de moi, mes sentiments restent partagés. Le dicton dit: qui prend mari prend pays. Cela ne pourrait être plus juste dans mon cas. 

Cela veut donc dire que notre voyage en Grèce est annulé. Je suis agréablement surprise de ma réaction. Moi qui d’habitude n’aime pas quand on change les plans, j’ai trouvé que je m’adaptais facilement à l’annulation de ce voyage. Bien que je sois déçue, je comprends que c’est pour le mieux. C’est probablement une nouvelle aptitude apprise ces derniers mois. Je me dis aussi que tout arrive pour une raison et que pour le moment, nous devons focuser sur cette nouvelle vie à l’autre bout du continent.

Le mois de mai est donc mon « dernier » mois au Québec, avant d’entreprendre cette nouvelle aventure. Mai a toujours été mon mois préféré. En plus d’être le mois de ma fête, le mois de mai a toujours amené son lot de bonnes nouvelles : il fait plus chaud, les journées rallongent, l’école est sur le point de terminer, les arbres bourgeonnent, les lilas, une de mes fleurs préférées, se montrent le bout du nez... J’ai donc l’intention d’en profiter.

J’en profiterai également pour faire le plein d’amour avec les gens que je laisserai derrière moi à mon départ, pour une seconde fois. J’ai trouvé cette citation sur le web dernièrement et cela décrit tellement bien la situation de tous ceux qui vivent à l’étranger : 

Vous ne serez jamais complètement à la maison. Parce qu’une partie de votre coeur sera toujours ailleurs. Tel est le prix que vous payez pour la richesse de vivre et de connaître des gens dans plus d’un endroit.

Le coeur est toujours ailleurs, ça c'est vrai. Il n'y a pas de juste milieu, de situations idéales - j'ai toujours dit que si tout le monde que j'aimais au Québec vivait en Californie, ça serait la belle vie. Malheureusement pour moi (et pour ceux que j'aime au Québec), ce n'est pas possible. Il faut donc se faire à l'idée et utiliser toute la résilience en moi pour avancer.

J'amorce donc ce mois avec encore plus de conviction de l'importance de vivre le moment présent, et de profiter de chaque minute qui nous est donnée.