Les médias sociaux

 

Combien de fois entendons-nous parler de nos jours de la pression des médias, surtout des médias sociaux ? On compare nos vies à coup de like sur Facebook, de petits cœurs sur Instagram et de pin sur Pinterest. Dans mon « ancienne » vie, mon utilisation des médias sociaux se résumait ainsi: 

  • Au réveil, un bon 30 minutes pour passer en revue Instagram et Facebook au cas où j’aurais manqué quelque chose depuis la veille.
  • Sur l’heure du lunch, un autre 30-45 minutes sur Instagram, Facebook et Pinterest, entre deux bouchées de lunch. Après tout, ça me divertit de ma job plate.
  • Au retour à la maison, dans le métro, un autre 30 minutes pour un catch-up des actualités sociales manquées durant l’après-midi.
  • Après le souper, dans le bain ou dans le lit, un autre 30-60 minutes à faire soit du lèche-vitrine virtuel, un retour sur Instagram ou faire des recherches sur mon intérêt du moment sur Pinterest.

Bref, un minimum de deux heures a regardé la vie des autres, une majorité de gens que je ne connais pas, mais qui ont une vie sur les réseaux sociaux qui vient me chercher. À suivre plus de 300 comptes Instagram, vous vous douterez que je ne connais pas la majorité d’entre eux, mais à coup de belles photos et de belles affaires, ils me font m’échapper de ma vie banale pour me faire rêver et me créer une liste de besoins.

Jusqu’à tout récemment, je voyais mon intérêt pour ces médias sociaux relevant du bon goût, de la recherche de belles choses, pour me faire un œil, améliorer ma connaissance des tendances du moment, pour me donner des buts de vie. Que ce soit à travers les comptes de fitness, de cuisine, de mode, de décoration, de rénovation, de voyage, j’avais l’impression d’établir mentalement ma liste to-do de ce que j’avais besoin dans la vie pour être heureuse.

On fast forward quelques mois plus tard, dans ma « nouvelle » vie, où je n’ai pas de forfait donné sur mon iPhone. À moins d’avoir le wifi, je n’ai pas accès à internet durant mes déplacements, ou la plupart du temps quand je suis absente de la maison. Cela réduit donc énormément la possibilité de flâner sur mon téléphone. Étant super occupée ces dernières semaines, ne sachant plus où donner de la tête, j’ai réalisé ce weekend que j’étais bien en retard sur mon suivi des réseaux sociaux. Je n’arrivais pas à me rappeler la dernière fois où je m’étais assise pour un bon moment, à regarder mon téléphone. Je me suis donc mis à défiler mon actualité Instagram et Pinterest, pour voir ce que j’avais manqué. Une heure plus tard, en reposant mon téléphone, je me suis sentie stressée. Stressée d’être loin de mon objectif de body, de ne pas accomplir plus de projets artistiques, de ne pas avoir un teint bronzé pour mon voyage en juin, de ne pas avoir encore une maison à décorer, de ne pas encore maîtriser mon look de rêve, etc. 

C’est alors là que j’ai compris toute l’emprise que ces médiums avaient sur moi. Je le savais déjà, mais disons que je ne savais pas que c’était si pire que ça!  J’ai surtout compris à quel point mon niveau de stress était inférieur et ma vie était satisfaisante lorsque j’en fais une utilisation très modérée.

Je me suis donc mise à faire le ménage. J’ai débuté avec mes Facebook. Pendant un bon 30 minutes, j’ai fait défiler mon fil d’actualité, en me désabonnant de la majorité des gens et des groupes que j’ai commencé à suivre à travers les années. Ma règle était simple, si je soupire chaque fois que cette personne ou ce groupe fait une mise à jour, il est temps de me séparer. Une tonne de désabonnement plus tard, je me sentais déjà mieux. J’avais l’impression de laisser place à un contenu pertinent, de minimiser le « bruit virtuel » et les distractions.

Le principe est similaire avec les courriels. Depuis quelque temps, j’ai commencé à me désinscrire de tous courriels provenant de magasins en ligne, afin de minimiser mon penchant pour les achats spontanés, surtout en temps de rabais. Déjà, je dépense moins. Depuis quelques années, j’utilise également l’outil Unroll.me pour me désinscrire de listes d’abonnement. C’est une façon rapide de désengorger ma boite de courriel et encore une fois, ça diminue les distractions.

La prochaine étape sera de faire le ménage Instagram, et j’avoue que c’est l’étape la plus difficile. Il suffit d’avoir un mauvais moment ou d’avoir besoin d’un petit remontant et le fait de plonger dans les belles photos me fait du bien — un bien très temporaire pourtant, qui se retourne en envie et en besoins. 

Vais-je arrêter de consommer le rêve vendu par les médias sociaux ? Probablement pas. Mais j’ai l’impression que je serai au moins consciente de son impact et plutôt que de me stresser, cela renforcera ma conviction qu’il s’agit seulement d’une vision trompée de la réalité.

À ce sujet, je trouvais que la photo de Mariepier Morin sans maquillage et sans retouche publiée sur le net cette semaine était d’appoint avec ma réflexion.  On est loin de cette fille toujours bien mise et sur son 36 sur son Instagram. Et ça fait du bien des photos comme ça, on se sent normal avec nos bobos et nos boutons, nos poignées d'amour et notre petite culotte de cheval ;)