L'imposteur

 

Après quelques jours d’absence, je vous reviens aujourd’hui avec le syndrome de l’imposteur. J’ai beaucoup hésité sur « comment » j’allais présenter ma réflexion puisqu’il m’est difficile de comprendre et d’expliquer pourquoi cela se produit. J’ai donc décidé de me lancer à l’écriture, et voir où ça me mènerait. Je vous parle donc de mon syndrome de l’imposteur.

Par définition, le syndrome de l’imposteur se décrit ainsi: une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ce terme est souvent utilisé en lien avec l’emploi, la carrière, les réalisations professionnels. Dans mon cas, ce sentiment m’habite surtout d’un point de vue personnel. J’en ai été vraiment consciente pour la première fois la journée où je me suis fiancée. J’aurais aimé garder la nouvelle pour moi, pour toujours. Partager la nouvelle avec famille et amis me donnait l’impression de discréditer le moment, de me sentir inférieure — dans le sens que je ne serais jamais vraiment à la hauteur de la situation — et de vouloir banaliser l’événement. Bizarre n’est-ce pas ? C’est comme si en dedans de moi, je me disais que les gens devaient penser que ma nouvelle n’était pas importante. Je me suis donc sentie comme une impostrice pendant un long moment, et même jusqu’à la journée du mariage. 

Tout le long de l’organisation du mariage, j’ai été comblée et je me suis sentie tout à fait à ma place. Après tout, l’organisation, c’est ma force. Cependant, toutes les activités entourant le mariage, lors des événements où j’étais mise à l’avant-plan (sélection de la robe, bachelorette, souper de rehearsal, la journée même du mariage…), je me suis sentie inconfortable. Je me sentais comme si j’imposais aux autres mon histoire, mon bonheur, mon moment. Souvent j’ai pensé que les gens devaient se dire « Ah, c’est juste Sophie ! ». Encore une fois aujourd’hui, je regarde les photos de l’événement, et le sentiment me revient. J’ai beau adorer mes photos de mariage et tous les éléments de celui-ci, mais je préfèrerais ne pas me voir sur les photos. Oui je sais, c’est assez intense comme sentiment. 

Bref, pensant qu’après le mariage cette idée serait loin derrière moi, me voilà encore à me sentir de cette façon, maintenant que nous envisageons de peut-être-dans-un-futur-plus-ou-moins-court-terme de considérer être mère. Encore une fois, je me dis, qui cela peut bien intéressé, qu’est-ce que les gens vont penser, concluant rapidement que tout le monde discréditera cet événement, car encore une fois « Ah, c’est juste Sophie ! ». J’ai donc encore une fois le réflexe de vouloir tout garder pour moi — ce qui sera sans doute beaucoup plus facile qu’un mariage — après tout, on n’invite pas 100 personnes à un accouchement.

J’aimerais toutefois que ce sentiment disparaisse. D’abord, il faudrait que je comprenne la source. Évidemment, on comprend tous que ça vient d’un grand manque de confiance en soi. Je me dis que je dois évidemment avoir une distorsion dans ma vision de ce que les gens pensent de moi. Quand je me dis tout le monde, c’est qui ce « tout le monde » ? Souvent, notre tout le monde est composé de seulement quelques personnes clés qui ont un grand impact dans notre vie, sans vraiment le savoir. Encore plus souvent, ce tout le monde est composé de ces gens qui nous ont blessé ou qui ont agis comme des cons avec nous. Il est important de faire une réflexion pour mettre des noms et des visages sur ce « tout le monde » et déterminer si vraiment, ça vaut la peine de ne pas me sentir à ma place pour ces quelques personnes.

Faire 6 pieds dès l’âge de 11-12 ans m’a évidemment donné l’impression de ne pas fitter, de ne pas faire partie de la « gang », dépassant tout le monde, filles et gars inclus, d’au moins une tête. Ce qui à la longue, a dû impacter mon estime de moi, et peut-être que tout cela me rattrape avec les années. Bien que ce sentiment ne m’empêchera pas de devenir maman un jour, au même titre que cela ne m’a pas empêché de me marier, c’est tout de même un sentiment déplaisant, qui m’empêche de vivre ces moments importants à fond. Je dois donc continuer mes démarches pour cesser de me sentir comme l’imposteur et plutôt me lancer la tête première dans l’aventure.

Et vous ? Ça vous arrive de vous sentir comme un imposteur ?