L'intolérance

 

*** Ce texte a été écrit bien tard, avec peu de révision. Désolée si vos yeux saignent, je devais toutefois envoyer le message pour une conscience plus tranquille et me permettre de dormir ! ***

À mon retour au Québec l’année passée, à Drummondville, pour être précis, j’ai été un peu plus exposée aux réfugiés syriens et à l’immigration en général, qui à ce moment-là était un sujet au centre de l’actualité de la ville. Ayant quitté ma ville natale presque 15 ans plus tôt, je n’avais pas vraiment de souvenir d’une diversité culturelle, outre certaines familles que presque toute la ville connaissait bien qui avaient fait de Drummondville leur ville, il y a de cela depuis bien des années.

Quelle surprise ce fut d’y voir à mon retour une quantité plus qu’impressionnante de gens de cultures et de religions différentes ! En même temps, j’étais bien curieuse de voir comment la population réagissait face à ses nouveaux citoyens. Bien que la grande majorité des gens avec qui j’ai voyaient leur arrivé comme une nécessité, une bonne chose et surtout « la moindre des choses », d’autres avaient un discours tout droit sorti du passé, complètement raciste et stéréotypé : un genre d’incompréhension, une généralisation inappropriée, une peur non justifiée. J’ai été surprise. Ayant vécu à Montréal pendant 10 ans et ensuite 5 ans aux États-Unis dans des villes très ouvertes d’esprits, ça m’a choquée de voir les propos racistes et arriérés entendus de gens proches de moi, que je considère très haut dans mon estime. De quoi laisser un goût amer dans la bouche.

Par hasard, quelques semaines après mon arrivée, une amie d’enfance me propose d’être bénévole pour la Fête de la diversité culturelle. Toujours partante pour aider, je lui dis oui sans hésitation. S’ensuivent donc quelques réunions dans les mois à venir pour fabriquer un capteur de rêve géant, une des attractions durant l’événement.

La fête a eu lieu le weekend du 27 mai. Je m’en souviendrai toujours, car c’était mon weekend de fête. On installe le capteur de rêve dans un parc de la ville et j’ai bien hâte à l’événement. En plus de faire de nouvelles rencontres, j’anticipe de voir des gens de la ville que je n’ai pas revus depuis des années, surtout qu’il fait enfin beau et que les gens vont sortir de leur maison. Après tout, ayant vécu 16 ans à Drummondville, ayant fréquenté plusieurs écoles, avec des petits boulots ici et là, je devrais au moins croiser une bonne poignée de gens que je connais non ? Non.

Manque de publicité ? Je ne pense pas. La majorité sont sur mon Facebook, une bonne partie d’entre eux doivent encore me suivent donc si je parle de l’événement dans les jours qui mènent à l’événement, techniquement ils sont au courant, non ? Apparemment non.

Décevant.

En même temps, pas très étonnant considérant tous les propos, regards, sous-entendus que j’entends ici et là lorsque je parle de l’événement, ou qu’on discute en général de l’arrivée de ses immigrants en ville.

Notre capteur de rêve avait un but précis durant l’événement : permettre aux visiteurs d’écrire une pensée ou un vœu sur une plume et l’accrocher au capteur de rêve. Certains enfants souhaitaient que leurs parents retournent ensemble, des gens souhaitaient qu’un être proche guérisse. Pour les nouveaux arrivants, les vœux accrochés au capteur de rêve se résumaient souvent à se faire des amis, apprendre le français, trouver un emploi et être accepté par la population de Drummondville.  À bien y penser, je n’avais pas vraiment de vœux à accrocher, je crois avoir reçu ma part de chance et de vœux réalisés dans le passé, il n’était pas nécessaire d’en demander plus, quand les besoins essentiels de certains individus ne sont même pas satisfaits. J’ai accroché mon vœu à la toute fin du weekend, me sentant un peu hypocrite de le faire, mais je vous avoue ne pas me souvenir ce que j’ai souhaité. À bien y penser maintenant, j’aurais dû souhaiter la TOLÉRANCE, en majuscule.

Bref, pourquoi je dis tout ça, c’est que la tuerie à Québec, que j’ai suivi de près ce soir, m’a frustrée au plus haut point et m’a ramenée tout droit à cet événement de mai, dans ma petite ville natale. Au moment où la nationalité et la religion des responsables de l’acte de terreur n’étaient pas encore connues, la lecture des commentaires racistes et extrémistes de petit monsieur et petite madame mal informés du Québec m’a choquée. Oui, car le pire dans tout ça à mon avis, ce n’est pas « seulement » l’événement en tant que tel, mais surtout la réaction d’une multitude de Québécois face à la situation. Le crime de Québec a peut-être été commis par 2-3 individus, mais collectivement, c’est beaucoup plus que ça. À mon avis, tous ceux qui ont des commentaires de haines et qui appuient cet acte haineux sont tout aussi responsables que ceux qui ont commis le crime, du moins moralement. Souhaiter du mal aux autres basé sur leur religion - ou plutôt l’incompréhension de leur religion, où se réjouir que les criminels ne soient PAS Québécois (même si à l’heure tardive d’écrire ses lignes, rien n’a été confirmé – mon point justement!), c’est juste une pensée retardée et complètement ignorante de la situation. Et ça me fait honte d’être Québécoise.

Bien sûr, si je me mets à généraliser toute une province basée sur une centaine de commentaires, je ne suis pas mieux que ces chialeux qui généralisent tout un peuple et une religion basé sur certains cas isolés. Mais je suis quand même fâchée.

Je n’ai malheureusement pas de solutions magiques pour résoudre le problème de société, mais j’ose croire que tous les récents événements aux États-Unis et maintenant au Canada vont faire réfléchir les gens et les sensibiliser à la portée de leurs mots et de leurs gestes. Encore plus, je souhaite que tout le monde fasse une introspection et analyse leur niveau de tolérance envers les autres nationalités et religions. Souvent, on déteste ce qu’on ne comprend pas. Personnellement, les récents événements avec Trump m’ont poussé à faire une réflexion interne et j’ai trouvé quelques failles dans certains de mes raisonnements. J’ai donc pris la décision de mieux m’informer, de faire plus de recherches et de me sensibiliser davantage à la cause des autres nationalités. Je ne vais pas aller marcher dans les rues pour protester (probablement pas un endroit idéal pour les femmes enceintes), mais je vais faire comme je le peux pour boycotter certaines organisations qui encourage le Président américain, mieux m’informer, faire de dons aux bons organismes, et tenter de toujours voir les deux côtés de la médaille.

Ok, ma montée de lait est terminée je vais me coucher.